Visite de la chèvrerie de Chaillon

Bienvenu à la chèvrerie !

Il était temps pour moi de rendre visite à Hélène Lebas, la chevrière de Chaillon !

En effet, cela fait bientôt une petite dizaine d’année que je déguste ses fromages, et en bon amapien que je suis, je me devais d’aller à sa rencontre.

Comme je vous l’ai dis, ce blog sera consacré à la découverte de producteurs et d’éleveurs soucieux de pratiquer leur métier dans le respect  du maintien des équilibres entre la nature, les bêtes et les hommes. Ce sont des pratiques vertueuses qu’il faut faire connaitre. Il existe des hommes et des femmes qui exercent leur métier avec passion et enthousiasme, pour offrir un produit de qualité tout en préservant la biodiversité. Hélène en fait partie. J’ai rencontré à la chèvrerie de Chaillon, au pied des côtes de Meuse (55), une femme passionnée par son métier, le regard rieur, tendre et bienveillant. La visite de la chèvrerie au milieu des chèvres, chevrettes et chevreaux a été un très bon moment. Je vous laisse découvrir l’interview que j’ai faite d’Hélène, sur cette fin de journée.

Bonjour, bienvenue sur Gastronome attitude, nous nous trouvons au pied des côtes de Meuse, à quelques pas du lac de Madine, à la chèvrerie de Chaillon, avec Helène Lebas.

Alexis Laurensot : bonjour Hélène, Hélène tu es la chevrière de Chaillon, parle nous de ton activité auprès des chèvres.

Hélène Lebas : c’est un métier-passion que je fais depuis plus de trente ans ou presque . j’ai le plaisir de vivre avec une quarantaine de chèvre de Lorraine, des alpines, quelques poitevines, quelques saanens…

Alexis laurensot : pourquoi différente races de chèvres?

Hélène Lebas : ah, c’est un peu une revanche sur le premier troupeau qui était tout blanc, que de la saanen. J’ai eu beaucoup de mal à intégrer une autre race, une autre couleur. A croire qu’aussi les animaux sont racistes, donc dans ce troupeau là j’ai réussi à avoir un troupeau multiple, de plusieurs races. C’est vrai, j’aime ces contrastes de couleur, un peu de gris moucheté,un peu de blanc, un  peu de trois couleurs, un peu de brun… 😀 

chèvre alpine

Alexis Laurensot : donc une quarantaine de chèvres…j’ai vu qu’au niveau de la chèvrerie il y a de la chevrette…

Hélène Lebas : on a sélectionné 11 chèvrettes et 5 pour une éleveuse qui s’installe près de Neufchâteau dans les Vosges (88).

bouc

Alexis Laurensot : la période de mise bas dure combien de temps? Ça commence à partir de quand ?

Hélène Lebas : ça démarre début février et s’échelonne sur un mois. Il me reste trois mères pleines, ce qui est rare pour cette date

 

Alexis laurensot : donc tu gardes les chèvres, et les chevreaux, les petits…?

Hélène Lebas : ah les petits, il ne faut pas trop s’y attacher aux mâles. Maintenant je n’ai plus envie de les élever pour la boucherie. J’ai trouvé depuis peu une station d’élevage qui me les prend tout petit, à huit jours, c’est mon compagnon qui les amène, ils sont élevés là-bas.

Alexis Laurensot : une journée type, à la chèvrerie, ça se passe comment?

Hélène Lebas : c’est simple, de bonne heure, de bonne humeur, on va foiner, nourrir les chèvres, ensuite, pendant ce temps là je suis en fromagerie, je sale les fromages, je mets à tremper mes moules et puis je vais traire.

C’est un bon moment d’échange avec les mères, on les écoute, on vérifie si tout le monde va bien.

Une traite le matin, une traite le soir. Après la traite on relave tout le circuit et je vais en fromagerie. Il y en a bien pour la matinée. On prépare les commandes pour l’AMAP qui à lieu le soir, et puis souvent l’après-midi je fais des activités plus tranquilles type feuilletés, cuisine ou yaourts..

Alexis laurensot : donc tu diversifies ta production….et au niveau de l’alimentation, tu donnes quoi à tes chèvres ?

Hélène Lebas : elles sont à l’étable, elles ne sortent pas encore. Généralement c’est à partir de fin mars jusque fin octobre. Cette année la mise à l’herbe est un peu plus tardive à cause du temps.

chèvre saanen

A leur donner on a du foin de prés première coupe, du foin de prés deuxième coupe. Elles aiment la diversité. Et puis on achète à un producteur bio du coin du foin de luzerne. On produit tout le foin de près sur les 6 hectares de la ferme mais on est obligé d’acheter de la luzerne car c’est un aliment super important pour le lait, qui croustille, qu’elles aiment beaucoup. C’est vraiment important.

Alexis laurensot : elles sont intelligentes les chèvres, parce qu’elles font le tri, sur le foin elles mangent la luzerne et laisse le brin..

Hélène Lebas : oui..elles laissent les tiges, ce qui permet de pailler avec. Ça gaspille beaucoup, il faut éviter qu’elles fassent trop de refus, parce qu’une chèvre ça peut aller jusqu’à 40% de refus de la ration, c’est énorme, surtout quand on achète le foin.

Alexis Laurensot : tu achètes le foin à un producteur bio,  tu travailles sur du bio…

Hélène Lebas : oui, depuis 2010…

Alexis laurensot : pourquoi tu t’es dirigée sur un élevage biologique ?

Hélène Lebas : à la base, je pense que tout agriculteur devrait travailler comme ça.

Ce qu’il me manquait pour être agrée biologique c’était l’aliment de base, au départ je donnais des petits bouchons, ils n’étaient pas certifiés bio et on en trouvez pas facilement comme maintenant il y a 15-20 ans.

Alexis laurensot : Les bouchons étaient à base de quoi?

Hélène Lebas : céréales, mais, blé, orge et là maintenant j’ai trouvé un producteur d’aliments bio qui me fait de l’orge et pois aplatis. Quelqu’un de très sympathique du côté d’Etain et qui vient nous livrer.

Alexis Laurensot : une quarantaine de chèvres fournissent quelle quantité de lait ?

Hélène Lebas : 2 litres en moyenne par chèvre soit 80 litres jours, c’est une moyenne à peu près  sur l’année car la courbe elle fait  n’est pas plane, elle fait une bosse et 2 mois après ça baisse de 10% par mois jusque novembre.

Alexis Laurensot : une fois que le lait est tiré tu le travailles tout se suite pour faire le fromage?

Hélène Lebas : oui, il est filtré, on enlève les impuretés, on le place dans des bassines avec une louche de petit lait, de la présure, ça caille pendant 24heures.

Donc en faite comme j’explique souvent aux enfants quand ils viennent, tous les jours on trait, et tous les jours on moule le lait de la veille. On travaille par tranche de 24 heures. Une fois qu’on a moulé tous nos crottins à la louche sur la table, on va les laissez égoutter 24 heures. le soir je les retourne et le matin je les sale.

laboratoire

Alexis Laurensot : quelles variétés de fromages fais-tu ?

Hélène Lebas : c’est un type crottin, j’ai voulu racheter des moules, je n’ai pas trouvé les mêmes, du coup j’ai trouvé un type picodon, un peu plus large et plus plat, tel que ceux que je fais cendré à l’Amap.

tomes de chèvre fromages de chèvre

 

Alexis laurensot : je connais les fromages d’Hélène depuis quelques années, vu que je suis sur l’Amap dont Hélène fournit les fromages.

Quels sont tes circuits de distribution?

Hélène Lebas : 45% à la ferme, 45% en Amap.

En Amap, il y en a 5, 2 sur Nancy, le crapaud sonneur et la reinette (anciennement Le provencal), puis tout près d’ici, Thiaucourt-Regniéville, Vigneulles-les-Hâttonchatel et Mécrin.

Alexis laurensot : on est principalement sur du circuit court.

Hélène Lebas : les 10 % restant ce sont des gens qui sont devenus très proche, parce qu’on se connait depuis longtemps; une épicerie fine à Commercy, 2 restaurateurs et l’ESAT de la Chaussée qui prend en saison des fromages frais.

Alexis Laurensot : Et pourquoi ce type de distribution sur du circuit-court ?

Hélène Lebas : la commercialisation en AMAP a été un grand progrès pour la ferme, quelque chose de bénéfique. On a de la trésorerie et on est assuré de vendre la production. C’est quand même vraiment un confort.

Alexis Laurensot : pour vous expliquez le fonctionnement d’une AMAP, on paie la production, ce qu’on consomme à l’année, ce qui permet d’avoir de la trésorerie pour le producteur et de faire fonctionner sa ferme. C’est très important et c’est un des rares circuits qui fonctionne comme ça.

Hélène Lebas : selon les amaps, soit c’est au mois, soit c’est par trimestre, soit en deux fois, soit à l’année. C’est en fonction des AMAPS. Chaque AMAP peut être différente.

Alexis laurensot : il y a des fromages, des yaourts, j’ai vue que tu faisais des cosmétiques, des savons à base de lait…

Hélène Lebas : ce n’est pas moi qui fabrique, c’est une amie au village qui est savonnière et qui pratique la saponification à froid, à base d’huile biologique et intègre 20% de lait de chèvre.

savons shampoing lait de chèvre

 

Alexis laurensot : je les ai  vu au niveau du magasin que tu as sur la chèvrerie, tu y distribues d’autres producteurs ?

Hélène Lebas : le magasin est passé magasin associatif, on y a intégré les brasseurs du village, il y en à trois; Stéphane, le producteur de viande; mon fils avec ses légumes et moi même avec les fromages et quel qu’autres produits annexes que j’ai toujours eu en dépôt vente.

Alexis laurensot : tu as d’autres activités, il y a une mini ferme…

Hélène Lebas : je suis ferme pédagogique, j’accueille les scolaires depuis presque 15 ans dans le réseau du parc naturel régionale de Lorraine. On reçoit de la maternelle jusqu’à la 6ieme. Tout le mois de mars on a eu beaucoup de 6 ieme, c’est sympathique car ils sont encore petit dans leur tête, ils aiment beaucoup les bêtes. On rentre dans le programme de SVT, les sciences de la vie et de la terre.

moutons angora ferme de Chaillon

 

Alexis laurensot : et bien merci beaucoup Hélène!

Et à bientôt pour un prochain reportage sur Gastronome attitude, et n’oubliez pas, Gastronome attitude, c’est faire du consommateur distrait, un gastronome averti !

Et Hélène pour finir: beau slogan ! 😉

 

Hèlène Lebas vous ouvre les portes de sa chèvrerie tout au long de l’année, au cœur de parc régional de Lorraine, visite individuelle, en groupe ou pour les scolaires. Et pour les gourmands, à coup sûr, une dégustation de fromage!

Les producteurs du magasin:

  • Brasserie La Mandale, Baptiste, Martin & Matthieu de la micro-brasserie du village
  • Stéphane Mettavant (EARL de l’Horizon), producteur en viande bovine du village également.
  • Paul, le fils d’Hélène qui est maraicher,et qui vendra ses légumes à partir du printemps !
  • et bien sûr Hélène Lebas! La chèvrerie de Chaillon!

Les coordonnées de la ferme:

Chèvrerie de Chaillon
Hélène LEBAS
32 Grande rue
55210 CHAILLON
Tél. : 03 29 90 09 39
Fax. : 03.29.90.09.39

http://www.chevrerie-chaillon.fr

Pour aller plus loin avec les chèvres:

…et pour les enfants  😀 :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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