BIENVENUE SUR LE BLOG DES CONSOMMATEURS AVERTIS !

Bonjour ! Je m’appelle Alexis. Je suis passionné de cuisine. Ce blog, c’est le début d’une aventure, le désir de faire partager ma passion pour les arts culinaires.

Un énième blog de cuisine me diriez-vous ?

Non, pas seulement. Sur Gastronome attitude, vous pourrez bien entendu trouver des recettes, mais ce blog, je le veux différent. En effet, des blogs de cuisine, il y en a des milliers, alors vous n’avez que l’embarras du choix pour trouver une recette !

Ce blog, en revanche, sera l’expression de mes expériences de consommation, de mes choix alimentaires et d’une philosophie de vie que j’essaie d’appliquer dans ma vie quotidienne, au sein de ma famille.

Changer nos habitudes de consommation

 C’est  l’heure des courses, ravitaillement de fin de semaine. Les mains cramponnées sur le caddy, j’erre, je flâne. J’avance péniblement dans les rayonnages de cette grande surface de l’alimentation (GSA). Le trafic est intense, l’excitation à son comble en cette veille de week-end.

Je manque de perdre le fameux prospectus reçu cette semaine dans la boite aux lettres, me vantant les dernières promotions et bonnes affaires. Ce prospectus étudié de près, c’est un peu comme mon sésame pour faire des économies !

Et je les aperçois, au loin, en tête de gondole, mes boites de cassoulet, mes quatre belles boites pour le prix de trois me tendent les bras. Le packaging est superbe, la saucisse se détachant de l’emballage est encore plus belle que sur la pub, pas besoin de lunettes 3D ! Un petit peu plus loin, rebelote avec les boites de céréales, emballage aux couleurs éclatantes. Rayon fruits et légumes, là c’est du grand art, les fraises et les tomates d’hiver, le joli concombre bien emballé, objet de désir, certainement  etc… et je continue  ainsi. Les étales s’offrent à moi. Grisé par l’ambiance, je remplis mon caddy. Je suis le sur-consommateur tout puissant ! Ma carte de fidélité en poche, j’avance, rien ne m’arrête dans ce temple de la consommation. Les produits sont attractifs, la gamme est large et les prix dérisoires.

grande surface alimentaire GSA

 Ah ! Mais oui, je l’aperçois, je le reconnais, il me le faut ! Mon pot de pâte à tartiner, son bon goût de noisettes, la promotion du mois ! J’escalade cette montagne de caddys, piétine,  hurle, aboie, arrache, éructe, bave de rage, les yeux exorbités, injectés de sang. Je serai le plus fort. Je me jette dans la mêlée, instinct primaire, bête sauvage, je suis dans l’arène!

Quel privilège de faire ses courses en hypermarché… !

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Que de chemin parcouru depuis l’après-guerre. Les années 50 nous offraient encore leurs marchés sur la place du village, les producteurs de la région, maraichers et éleveurs nous proposaient leurs produits locaux et de saison. Les étales bariolées, les légumes biscornus et les bocaux débordant s’offraient à nos cabas.

Les gens viennent y faire leurs courses, se rencontrent, échangent et discutent. Ces marchés sont des lieux de convivialités, et permettent assurément de maintenir du lien social. Le petit commerce de proximité à quasiment disparu, exit boucher, boulanger, épicier, bistrot… Adieu  veaux, vaches, cochons…

La reconstruction, la modification des voies de circulation, et l’industrialisation accélèrent l’exode rural,  et  l’avènement  des grandes surfaces transforment les modes de vie et habitudes de consommation.

Le premier supermarché date de 1958 (Express Marché de Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine) et le premier « hyper » de 1963 (Carrefour de Sainte-Geneviève-des-Bois dans l’Essonne). Les années 70 portent un coup fatal aux petits commerces, la  multiplication des supermarchés et des hypermarchés, auxquels se rajoute le développement des centres commerciaux en périphérie des villes, auront raison de l’épicier de village.

En pratiquement 20 ans, 1,5milions d’emplois ont été détruits par la grande distribution, 1 commune sur 2 ne possède plus de commerce de proximité.

Les lieux de convivialités, ciment du lien social disparaissent au profit des grandes surfaces. L’acte d’achat complètement déshumanisé a perdu tout son essence et son sens.

Je veux croire qu’il nous est possible de changer nos habitudes de consommation et que tout le monde ne cède pas, ne capitule pas face au rouleau compresseur de la grande surface. Des initiatives citoyennes émergent. Elles nous permettent d’envisager autrement notre façon de s’alimenter, de décider de ce que l’on veut consommer en se dirigeant vers d’autres circuits de consommation.

Il nous faut agir et redonner du sens à un geste simple mais essentiel. La pertinence de nos achats est la clef de voute pour faire évoluer un système qui ne correspond plus aux attentes d’une certaine catégorie de consommateurs.

A Gastronome attitude de convaincre les autres ! 🙂

 

Du sens, c’est ce que la majorité d’entre nous cherche à donner à sa vie, commençons alors à donner du sens à ce qui se retrouve dans notre assiette !

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De la cuisine familiale aux arts martiaux

 Mon éducation culinaire s’est construite dès mon plus jeune âge, et là, je vous invite à aller voir ma page « à propos » pour en savoir un peu plus sur moi.

Je pratique les arts martiaux chinois depuis une dizaine d’années : Tai chi chuan et Qi Gong, qualifiés d’arts énergétiques internes, le Kung Fu (art martial externe), ainsi que la méditation, accompagnée de pratiques simples de souffles et de mouvements.

L’art martial ne se résume pas simplement à un art du combat, c’est surtout une voie initiatique qui transforme l’homme au fil des années. La persévérance, l’abnégation, la rigueur, et le respect sont des qualités que j’essaie d’appliquer dans mes choix et orientations de consommation.

C’est avant tout une philosophie de vie. En médecine chinoise, le corps et l’esprit sont intrinsèquement liés ; l’homme est considéré dans sa globalité ; la bonne santé de l’un influençant l’autre. Il m’est apparu essentiel que la qualité de ce avec quoi je nourrissais mon corps -et donc mon esprit,  était d’une importance capitale. Cela renforçant encore plus mes convictions que mon alimentation.

                        « Mens sana in corpore sano »

Cette citation de Juvénal, poète romain du Ier siècle avant JC,  met en exergue le respect et l’écoute de son corps, le respect des autres et le sens du partage, la cohésion.

Ces valeurs, j’essaie de les appliquer dans ma vie de tous les jours. L’important est d’être dans une dynamique qui influe judicieusement  sur nos décisions et surtout sur nos choix de consommation.

Et d’ajouter cette citation riche de sens de Joseph Marie Audin-Rouvière, médecin français, tirée de La médecine sans le médecin (1794) :

“Rien n’est préférable à la santé, mais pour la conserver ou la recouvrer, n’écoutons que la nature. Reconnaissons que nos maux sont presque toujours notre ouvrage, et qu’il nous serait facile de les éviter. Il suffirait, pour y parvenir, de bien se connaître soi-même, d’étudier nos points de contact avec tout ce qui nous environne, de calculer l’effet des aliments et des boissons sur notre organisme, l’influence de l’air que nous respirons.”

Des choix  alimentaires  déterminants

 Le paysage agricole  a profondément évolué au cours de l’entre deux guerre avec la mécanisation du travail. Le progrès technologique permet de pallier au manque d’effectifs humains. En effet, dans le monde rural, les pertes humaines dues à la guerre sont considérables. Des politiques de grande ampleur ont été favorables à la modernisation des exploitations familiales.

Après la deuxième guerre mondiale,  l’industrialisation du process agricole s’accentue.  La chimie dans l’agriculture connait un essor considérable, les stocks d’armement sont transformé en intrants chimiques : engrais, pesticides, herbicides, insecticides, fongicides deviennent les outils indispensables de l’agriculture moderne. Le modèle agricole conventionnel se dessine, façonné par les grands groupes de l’industrie chimique de l’époque qui font des profits considérables.

Ce modèle d’agriculture conventionnelle s’est considérablement amélioré en 70 ans d’existence. Les gammes d’intrants chimiques se sont multipliées, les méthodes et cadences d’épandages se sont perfectionnées ainsi que  l’efficacité des produits utilisés.

tracteur et pesticides

Leur utilisation massive a bouleversé la vie des sols, provoquant une contamination globale des écosystèmes : pollution des nappes phréatiques, du sol, de l’air. La microflore et la faune disparaissent, c’est la mort des sols agricoles. Les rendements diminuent, l’agriculteur augmentent alors les doses d’engrais chimiques pour pouvoir maintenir une production satisfaisante. Les traitements post récoltes sont monnaie courante, ils permettent de ralentir la germination, de lutter contre la décomposition, et d’augmenter le temps de stockage  des denrées. Les fruits et légumes se retrouvent alors tout au long de l’année sur les étales de nos grandes surfaces.

Toxiques pour les hommes qui épandent ces produits (lymphomes,…), les résidus  de pesticides se retrouvent bien sûr dans notre alimentation. Toute la chaine alimentaire est contaminée : fruits, légumes, céréales… La France est le 4ieme consommateur mondial de produits phytosanitaires !

L’élevage n’est pas épargné.  En parallèle du développement de l’agriculture conventionnelle,  il subit des mutations importantes.  L’entreprise familiale disparaît et devient industrielle. La pâture est remplacée par un élevage concentrationnaire. Les bêtes sont sélectionnées génétiquement pour leur capacité à s’engraisser rapidement par des céréales poussées elles-mêmes aux intrants chimiques. Les conditions de vie en élevage intensif sont sources de stress pour les animaux. Le confinement extrême, et le sevrage précoce fragilisent l’animal et diminuent ses défenses immunitaires. L’emploi massif d’antibiotiques est alors utilisé en prévention sur tout le cheptel, que l’animal soit malade ou pas. Les volailles, les cochons, les lapins et les veaux sont les plus gros consommateurs d’antibiotiques.

elevage industriel de poulets

 

L’élevage intensif exerce une pression croissante sur les ressources naturelles : pollution des sols, de l’eau (eutrophisation), de l’air (gaz à effet de serre), perte de la biodiversité, déforestation et défrichement pour la production d’aliment pour le bétail…

Ces systèmes de production se sont imposés aux agriculteurs et aux éleveurs comme un modèle, une norme qui malheureusement n’a jamais considéré les facteurs environnementaux et de santé publique.

Il apparait urgent et nécessaire, pour la préservation de nos écosystèmes et  de notre santé, de se tourner vers des sources d’alimentations issues de techniques agricoles respectueuses de l’environnement. Nos choix alimentaires sont donc déterminants pour inverser une tendance considérée comme un exemple à suivre.

L’agriculture biologique, la réponse écologique à l’agriculture conventionnelle

 La valorisation d’une pratique culturale respectueuse de l’environnement doit être au cœur du changement à mettre en place.

L’agriculture biologique apporte une réponse pertinente et pleine de sens  aux maux  du monde agricole.

Elle permet de se réapproprier les liens qui unissent nos organismes au monde naturel. L’Homme se repositionne dans le cycle naturel de la vie, il n’est plus là dans un but de maîtrise totale du vivant mais l’accompagne dans ses rythmes naturels, il se sensibilise à l’unité du vivant.

L’Homme appartient à la nature, de ce fait, son avenir ne repose que sur sa communion avec les ressources qui l’entoure.

L’agriculture biologique est un mode de production et de transformation qui n’utilise pas de pesticides ou fertilisants chimiques de synthèse. Elle respecte l’équilibre et la fertilité des sols en ayant recourt à l’assolement, à la rotation des cultures. Les organismes génétiquement modifiés sont interdits. Le bien-être animal est respecté, les animaux disposent d’un accès au plein air et d’espace, sont nourris avec des aliments bio principalement issus de la ferme et sont soignés aux médecines douces.

agriculture biologique

 

Par le respect de la biodiversité, l’agriculture biologique s’inscrit au cœur du développement durable en préservant les ressources naturelles de la terre.

Les produits bio ne sont pas pollués par les pesticides, sont riches en nutriments essentiels pour la santé, en vitamines et en sels minéraux. Ce sont des aliments de qualité, savoureux et de saison.

Consommer responsable

 

A l’heure actuelle, 70% de la production agricole est transformé par l’industrie agroalimentaire. En 2016, le chiffre d’affaire réalisé était de 172 milliards d’euros (ANIA) !

D’un autre côté, le monde agricole lutte pour sa survie. 1/3 des agriculteurs vit avec moins de 350 euros par mois.

Le secteur de l’industrie agroalimentaire ne prend pas en compte les préoccupations sociales, économiques et environnementales (responsable de 30% des émissions de gaz à effet de serre).

Son intérêt est d’obtenir des matières premières au plus bas prix. Les exploitations agricoles sont ainsi soumises à des prix contraignants pour assurer les marges des industries agroalimentaires. Le prix payé pour le produit de l’exploitation agricole ne couvre pas le coût de production.

Quelle solution pour changer de paradigme ?

Ce sont par nos pratiques de consommation que nous pourrons rétablir un rapport harmonieux entre activités agricoles, paysans, nature et consommateur.

L’approvisionnement en aliments issus de l’agriculture biologique, locale et par circuits courts répond aux problèmes que rencontre le secteur agricole.

legumes bio

Par l’achat de  produits bio, nous préservons l’environnement, nous sauvegardons des espèces végétales et animales. Nous relançons des productions régionales et traditionnelles qui sont une grande richesse de diversification alimentaire. Nos achats profitent à une économie locale et solidaire, exit les intermédiaires, ce circuit offre une juste rémunération au producteur pour des produits sains.

Si nous sommes nombreux à changer de nos habitudes de consommation  nous pouvons influer  concrètement et à plusieurs niveaux sur le système actuel.

Nous pouvons inverser progressivement un système agricole dépassé en participant à la préservation de notre planète, permettant de construire un monde meilleur pour nos enfants.

Gastronome attitude, de par son information et ses recherches, sera là pour éveiller votre esprit critique et vous donner les moyens et les clefs de consommer bon et bien !

Mon défi personnel

 Ce blog s’est aussi un vrai défi. En un an je veux avoir partagé avec vous :

            50 articles et 25 recettes pendant 50 semaines ! Oui, vous avez bien lu !

            Et ce n’est pas tout, il y aura des petits bonus : vidéos, podcasts, interviews !

Je compte d’ailleurs sur vous pour me laisser dans les commentaires les sujets que vous souhaiteriez voir abordés… 😉

                A bientôt sur Gastronome attitude ! 🙂

                Alexis.

 

ANIA, Association Nationale des Industries Alimentaires

Sur le salaire des agriculteurs, GREF de Bretagne

Agroalimentaire et gaz à effet de serre

Consommation produits phytosanitaires, Matthieu COMBE, “Consommez écologique” page 41.

 

 

 

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8 réflexions au sujet de « BIENVENUE SUR LE BLOG DES CONSOMMATEURS AVERTIS ! »

  1. Bonjour,
    Merci pour ce blog! Ça fait du bien de rappeler ce qu’il se passe réellement dans le monde paysan de par nos choix de vie. Je pense que maintenant la prise de conscience est faite mais il manque encore la volonté. Ça va venir!
    De mon côté je suis sur ce chemin mais je rencontre des réticences dans mon entourage très proche. Les nouveaux goûts ( ou plutôt les anciens goût perdus) ne font pas l’unanimité. J’espère trouver, sur ton blog, des recettes familiales avec des ingrédients moins commun. Bonne continuation !

    1. Merci Evelyne!
      En effet, faire bouger les lignes, amener les gens à consommer mieux et bien demande du temps, mais cela avance, et la part du bio augmente doucement mais sûrement.Surtout ne pas se décourager !
      Ce sont nos efforts conjugués qui permettront de changer la donne. Vamos!

  2. Belle entrée en matière !!! C’est bien écrit et bien documenté
    J’ai hâte de voir la suite et de tester les recettes de cuisine !

  3. Hello
    Belle plume en tout cas! et jolie vision de la gastronomie attitude
    j’attends impatiemment les recettes
    A bientôt
    Denis

  4. Très beau projet !
    Je suivrai et je vais partager!
    Je ne suis pas une excellente cuisinière mais j’adhère à l’idée de consommer mieux! Donc je testerai les recettes simples ! Hi hi !!
    Continue !

    1. Merci Dulciana,
      si tu profites de ce blog pour t’améliorer en cuisine c’est parfait!
      Je vais penser à toi pour des recettes pas trop compliquées…. 😉

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